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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 15:11

 

 

POURQUOI  LES  ELECTIONS  LOCALES 

EN  REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 2013.

 

1. INTRODUCTION

 

La Constitution de la République Démocratique du Congo dans son article 3, énumère les entités décentralisées dotées d’une personnalité juridique et qui doivent faire l’objet (dans leur organisation structurelle) des élections locales pour le choix de leurs représentants ou gouvernants. Ces entités sont : la ville, la commune et le secteur ou la chefferie.

 

Les articles 186, 199 et 218 de la loi électorale définissent les modalités d’élection des dirigeants de ses entités décentralisées, notamment les Maires, les Bourgmestres et les Chefs des secteurs ; respectivement comme responsables des structures locales au niveau de la ville, de la commune et du secteur ou de la chefferie.

Ces entités décentralisées, selon l’article 3 de la Constitution ; doivent jouir de la libre administration et de l’autonomie de gestion de leurs ressources économiques, humaines, financières et techniques.

Voila une source constitutionnelle des revenus pour la gestion des ses entités décentralisées.

 

Par delà, il y’a lieu de comprendre que cette Constitution dite « démocratique » par son essence, crée une certaine vie politique au niveau de la base (villes, communes et secteurs ou chefferies) par la compétition qu’elle organise; et les affaires locales, selon cette Constitution, relèvent de la compétence d’une structure aussi réduite proche de la population locale.

 

2. CONSTAT

 

Après les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, jusqu'à celles des gouverneurs des provinces et sénateurs en 2006, cinq ans après ; les élections locales n’ont jamais été organisées jusqu'à nos jours pourtant prévus par la Constitution dite « démocratique ».

C'est-à-dire que la législation de 2006 n’a pas été respectée à tous les niveaux, et aujourd’hui cinq ans après ; la République Démocratique du Congo est presque en face de la même réalité et risque de tomber dans la même situation à cause de l’ignorance de notre population.

 

Les conséquences de cette réalité malheureuse sont aussi palpables que :

 

·        Le manque de vie politique au niveau de la base (ville, communes et secteurs ou chefferies) et pourtant ce dernier est créé par la compétition qui à son tour est stimulée par les élections,

·        L’aliénation de notre peuple comme au temps de la dictature,

·        L’intégration politique et sociale sont abstraites et formelles. Ceci est perceptible à travers les comportements des militants et sympathisants des partis politiques.

·        La compétition politique est absente au niveau de la base; et elle est complètement bureaucratisée. C'est-à-dire qu’elle ne concerne que les grandes organisations comme la présidence et le parlement national et provincial.

 

En claire, les faits développementalistes posés au niveau des entités décentralisées ou au niveau de la base (villes, communes et secteurs ou chefferies) par les gouvernants nationaux et provinciaux ; étaient mécaniques et propagandistes du fait que ce sont des structures bureaucratisées et étrangères aux réalités locales.

Par conséquent la population locale était étrangère à la gestion de sa communauté.

 

3. IMPACTS DES ELECTIONS LOCALES OU STRUCTURES LOCALES DANS LE     DEVELOPPEMENT DES ENTITES DECENTRALISEES ET DE L’ENSEMBLE DU PAYS.

 

C’est la décentralisation par excellence. Les structures locales requièrent une division, un pouvoir, une autorité et une décision. (Voir l’article 3 de la Constitution).

Les structures locales rapprochent les gouvernants des gouvernés et leurs importances ou impacts se résument en quatre points : Quelle sera l’importance ou l’impact des structures locales en République Démocratique du Congo ?

 

NB : Pour notre information, la République Démocratique du Congo compte : 10 Provinces plus la ville de Kinshasa qui a le statut d’une province, 26 Districts, 145 Territoires, 22 Villes et 104 Communes.

 

A. Les structures locales contribueront au développement ou à la promotion de la démocratie en RDC :

 

Les structures locales issues des élections favoriseront l’émergence de la démocratie par et à travers la création de la vie politique au niveau de la base.

C’est l’étape la plus importante qui favorise la promotion et le développement de la démocratie dans tout pays.

La vie politique est l’ensemble des interactions (actions – réactions) entre les différents acteurs de la vie politique. C'est-à-dire, interactions entre les gouvernés d’une part, entre gouvernés et gouvernants d’une manière directe, et entre gouvernants d’autre part au niveau local.

Cet ensemble d’interactions est le fondement de la création d’un débat public au niveau de la base, qui par conséquent est le dérivé de la liberté d’expression et  d’association.

C’est la compétition politique par excellence au niveau local.

 

Exemple : Dans d’autres pays du monde le Président de la République est élu par les grands électeurs et que les gouvernants locaux directement par leurs populations. Dans d’autres pays les gouvernants locaux sont choisis en premier lieu et sur base des listes présentées par les partis politiques.

 

A travers elles (structures locales), la population locale aura la possibilité directe de juger de la capacité de ses dirigeants ou des partis politiques à fournir des services et à garantir l’alternance.

Par et à travers cette possibilité, la population aura l’idée du type de président de la république qu’il faut voter, car elle aura la possibilité de connaitre tous les partis politiques et leurs leaders par les actions de terrain au niveau des villes, communes et secteur ou chefferies.

D’où les élections locales doivent en réalité précéder les élections nationales et provinciales, soit présidentielles et législatives.

 

Les gouvernants des entités décentralisées (villes, communes et secteurs ou chefferies) auront aussi la possibilité de rendre compte directement de la gestion à la population qui compose leurs juridictions.

Donc, les élections locales assureront la présence et la promotion d’un gouvernement démocratique et responsable pour la ville, la commune et le secteur.

 

Exemple : Une femme analphabète qui est à Katakokombe, à Mimbulu, à Basoko, à Nzulu, à Kanshi…qui ne connaît pas la cartographie de la ville de Kinshasa, sera plus confortable et intelligente à l’élection de son Bourgmestre d’abord que du Président de la République.

C’est ce bourgmestre issu d’un parti politique, qui par et à travers des actions développementalistes fera la propagande de son parti et de son candidat président de la république.

« Car un parti politique pour une entité décentralisée ».

 

Alors, vous comprendrez que l’élection du Président de la République avant celles des dirigeants des structures locales est une stratégie qui favorise la force en présence au pouvoir en utilisant la naïveté de la population. 

 

B. Les structures locales assureront la restauration de l’autorité de l’Etat et elles la renforceront :

 

1. Par et à travers les élections locales, soit par le choix des ses gouvernants au niveau de la base ; la population réhabilitera sa confiance dans les structures Etatiques.

Sociologiquement, l’Etat est l’ensemble de trois éléments à savoir : la population, le territoire et le pouvoir qui doit être incarné par un individu ou par un parti politique dans le cas d’espèce.

Ces trois éléments doivent être en interconnections grâce à la confiance établie par les élections entre la population et le pouvoir incarné par un parti politique.

Par conséquent, l’autorité de l’Etat, qui est le fruit de la confiance entre la population et le pouvoir incarné par un parti politique ou un individu ; se fera sentir sur le territoire (sous bassement de sa souveraineté) et même au delà des frontières.

C’est la présence d’un cadre structurel et fonctionnel stable et non contesté issue des élections.

 

2. Les élections locales rapprocheront les gouvernants des gouvernés, et ce rapprochement créera un dialogue permanent entre eux; et par conséquent l’autorité et l’obéissance deviendront automatiques.

C’est ça l’essence de la démocratie en Athènes antique avec AGORA.

 

Exemple : Le premier agent de la sécurité publique est la population.

Cette dernière joue pleinement ce rôle que lorsque la confiance entre elle et le pouvoir incarné par parti politique est maintenue par les élections et qu’elle n’est pas aliénée.

C'est-à-dire, lorsqu’elle a la possibilité de choisir ses dirigeants.

Les violations répétées de notre territoire par les forces étrangères sont justement les conséquences de l’absence d’autorité de la part de l’Etat ; soit de l’absence de la confiance entre la population et le pouvoir incarné par un parti politique, et aussi de l’absence de l’interconnexion entre les trois éléments cités ci haut à savoir la population, le territoire et le pouvoir.

Donc, la population ne peut jouer ce rôle de premier agent de la sécurité sociale sur un territoire donnée que lorsqu’elle est en confiance avec le pouvoir. Car les agents de la sécurité publique (police, l’armée…) sont les produits de la dite population et que cette confiance ne peut être effective que par et à travers les élections.

 

C. Les structures locales assureront une fourniture régulière et permanente des services administratifs, techniques, économiques, sociaux, sanitaires, éducationnels…, directement à la population concernée.

 

Les structures locales seront proches de la population, elles connaitront cette dernière, ses problèmes et ses difficultés.

Les autorités locales issues des élections vivent ses problèmes ou difficultés parce qu’elles vivent dans leurs entités décentralisées (ville, commune ou secteur).

Le programme d’action ou la politique publique des Maires, des Bourgmestres et des Chefs des secteurs ; sera l’ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontées et les propositions des solutions. (ASGL : Agenda Stratégique du Gouvernement Local).

 

C’est ainsi qu’ils seront convaincus que la population reçoit un service de qualité directement ou indirectement (par les organisations non gouvernementales de développement), et d’une manière permanente. (PDI : Plan du Développement Intégral).

La dimension de la circonscription, que ca soit la ville, la commune ou le secteur ; leur permettra de faire un travail de terrain sans difficultés.

Le système d’information du rapprochement produit par les structures locales sera solide et produira un soutien politique incontestable.

 

Exemple : Un candidat président de la république qui promet aux habitants de la commune de Katuba à Lubumbashi au Katanga, qu’il va améliorer leurs conditions de vie précaires ; et un candidat bourgmestre de cette même commune qui fait la même promesse.

Qui d’entre les deux peut tenir sa promesse une fois élue ?

C’est le candidat bourgmestre une fois élu et mis dans les conditions normales de travail.

(Le cas du ravin Bena Tshitolo qui menace la population dans la commune de Muya à Mbujimay..., c’est le bourgmestre de cette commune issue d’un parti politique qui doit s’en occuper car il connait et vit dans cette commune).

 

Les problèmes d’électricité, de l’eau, de la voirie,…dans une ville, commune ou secteur quelconque de la République Démocratique du Congo, sont de la compétence des Maires, des Bourgmestres et des Chefs des secteurs et non directement du Président de la République ou des Ministres bien que ces derniers peuvent habiter ces villes, communes ou secteurs.

 

Donc par nature les structures locales doivent fournir des services à la population et c’est ainsi qu’elles sont un défit pour la décentralisation.

 

Sans peur d’être contredit, nous confirmons que ; aucun parti politique en République Démocratique du Congo ne peut prétendre développer les communautés et l’ensemble du pays par l’application de son programme et le respect des promesses faites (l’eau pour tous, l’électricité pour tous, la santé pour tous ….), s’il ne soutien pas cette option.

 

Donc, par et à travers les structures locales issues des élections, il y’aura :

 

·        l’assurance d’un service permanent et régulier de maintenance pour la communauté,

·        l’assurance d’un développement social et économique dans la communauté,

·        l’assurance d’un environnement sure et sanitaire pour la communauté,

 

Prétendre réussir en faisant le contraire, dans ce pays aux dimensions continentales ; c’est de l’utopie. C’est ainsi que nous préconisons l’organisation des élections locales pour un choix judicieux des dirigeants au niveau des villes, communes et secteurs.

 

D. Les élections locales favoriseront et encourageront la participation de la population locale à la gestion de la communauté. (PCP : Plan de Consolidation des Projets).

 

Les gouvernés étant proches des gouvernants, c’est eux par et à travers les organisations non gouvernementales de développement qui, selon les programmes et projets ; développeront les communautés ; soit la ville, la commune et le secteur.

Le développement de la ville, de la commune et du secteur est une affaire de la population locale d’abord.

D’où l’intégration sociale et politique sera automatique à cause d’une gestion transparente et inclusive.

La population ne sera plus aliénée comme au temps de la dictature.

Donc, les structures locales encourageront les communautés et les organisations communautaires à s’impliquer dans les actions locales de développement.

 

4. CONCLUSION.

 

Chers compatriotes, vous comprenez aujourd’hui l’importance des élections locales et de la présence des structures locales à travers le pays au niveau des villes, des communes et des secteurs ou chefferies.

Le développement des ces entités décentralisées, des communautés et de l’ensemble du pays en dépend.

La bonne gouvernance donne la possibilité à toute la population au niveau de la base à postuler à des postes pour le développement de la communauté.

C’est pourquoi nous exigeons l’organisation des ses élections locales prévues par la Constitution et la loi électorale Congolaise.

 

Nous demandons à tout notre peuple et à la classe politique Congolaise en particulier de prendre conscience et de se lever comme un seul homme pour les réclamer.

Et dès maintenant nous préconisons que les élections locales précédent les élections présidentielles et législatives.

 

Restez avec nous pour les prochains numéros d’éducation politique avec les thèmes suivants : Quel code de bonne conduite pour une Administration publique professionnelle, développante et standard ; La lutte et les conseilles sur le sida ; La lutte contre la corruption comme phénomène naturel, quel type d’opposition pour la République Démocratique du Congo dans ce processus démocratique…

 

C’est de cette manière que nous pouvons participer, contribuer et influencer le développement de notre cher et beau pays avec une opposition participative.

Ce ne sont pas les injures, la haine et la vengeance en lieu et place du débat d’idées qui nous conduiront au développement.

 

Contactez nous pour l’obtention de l’exposé vidéo en DVD de ce numéro comme dans le cas de deux premier numéros à savoir : La Bonne Gouvernance comme solution au développement de la RDC avec la RTGA et Le vote comme action politique.

 

Serge Ntumba.

  

 

 

 

 

 

                                   

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MENGELI 19/10/2013 19:15

Une bonne synthèse de ce que devait etre la décentralisation promulguée en RDC juridiquement et de la théoriquement.
Mais, je ne sais pas si après tout ce que les congolais et la communauté internationale ont assisté depuis des élections présidentielle et législatives très controversées,une telle analyse est
encore possible.
A mon avis, le Congo va encore continué à vivre dans le faussé entre la théorie et la pratique institutionnelle et c'est malheureux pour le peuple de ce pays.

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  • Specialiste en Sciences Politiques et Administratives de Luniversite de Lubumbashi. Certifie en Bonne Gouvernance a l'Universite de Pretoria en Afrique du Sud.Pere de 3 enfants.
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